AU NOM D'ALLAH,
LE CLEMENT LE MISERICORDIEUX
RECOMMANDATIONS
Partant du rôle
de la République arabe d'Egypte et son Azhar Al-Charif, et de sa responsabilité
historique vis-à-vis de l'Islam et des Musulmans, le Ministère égyptien des
Waqfs a convoqué la 20ème Conférence générale du Conseil supérieur des Affaires islamiques, dans la ville du Caire, sous le
thème :
"Les
Fondements de la Sécurité Sociale en Islam "
Le Caire, Egypte
8 – 11 Rabi'e
Al-Awal, 1429H.
(16 mars – 19
mars, 2008)
La Conférence s'est tenue sous le haut parrainage de Son Excellence
Mohammad Hosni Moubarak, Président de la République arabe d'Egypte, et la présidence honoraire de son Eminence le Grand Imam Dr. Sayed TANTAWI, Cheikh d'Al Azhar.
La Conférence a été présidée par Son Eminence Dr. Mahmoud
Hamdi ZAQZOUQ, Ministre des Waqfs et Président du Conseil supérieur des
affaires islamiques.
Ont participé à la Conférence les représentants des Etats et Organisations islamiques mondiales ci-après :
Premièrement : Etats arabes
1- Jordanie
2- Etat
des Emirats arabes unis
3- Bahrein
4- Tunisie
5- Algérie
6- Djibouti
7- Arabie
Saoudite
8- Soudan
9- Oman
10- Irak
11- Palestine
12- Qatar
13- Comores
14- Kowe?t
15- Liban
16- Libye
17- Egypte
18- Yémen
Deuxièmement : Etats africains
1- Ethiopie
2- Erythrée
3- Afrique
du Sud
4- Rwanda
5- Zimbabwe
6- Sénégal
7- Sierra
Leone
8- Guinée
9- Cameroun
10- Congo
Brazzaville
11- Kenya
12- Mozambique
13- Nigeria
14- Mali
Troisièmement : Etats asiatiques
1- Azerbaidjan
2- Indonésie
3- Ouzbékistan
4- Iran
5- Bangladesh
6- Tadjikistan
7- Timur
Oriental
8- Sri
Lanka
9- Singapour
10- Chine
11- Kazakhstan
12- Maldives
13-
Malaisie
14- Népal
15- Inde
16- Japon
Quatrièmement : Etats européens
1- Albanie
2- Danemark
3- Allemagne
4- Irlande
5- Italie
6- Belgique
7- Bosnie
Herzégovine
8- Turquie
9- Montenegro
10- Roumanie
11- Slovénie
12- Suisse
13- Serbie
14- Vatican
15- France
16- Finlande
17- Kirghiz
18- Croatie
19- Hongrie
20- Macédoine
21- Norvège
22- Grèce
Cinquièmement : Etats américains
1- Argentine
2- Equateur
3- Etats
Unis d'Amérique
4- Canada
5- Mexique
Sixièmement :
Australie
Septièmement : Organisations et organismes mondiaux
1-
Conseil islamique mondial de la Da'wa et de Secours
2-
Ligue des Etats arabes
3-
Organisation islamique pour l'Education,
les Sciences et la Culture (ISESCO)
4-
Organisme caritatif islamique mondial
- Koweït
5-
Centre international de modération -
Koweït
6-
Association de l'Appel mondial
islamique – Libye
7-
Magmaa du Fiqh islamique
8-
Rabitat des universités islamiques
La Conférence a été inaugurée par un discours de
S.E. le Président Mohammad Hosni MOUBARAK, Président de la République arabe d'Egypte, prononcé en son nom par Dr. Ahmad NAZIF, Premier Ministre d'Egypte.
Ont pris la parole à la séance d'ouverture, Son Eminence le Grand Imam
Dr. Mohammad Sayed TANTAWI, Cheikh d'Al-Azhar, Son Eminence le Pape Chenouda
III, Pape d'Alexandrie et Patriarche de l'Eglise de Saint Marc, Prof. Dr. Mahmoud
Hamdi ZAQZOUQ Ministre d'Al-Awqaf et Président du Conseil supérieur des
affaires islamiques ''Président de la conférence''. En outre, Son Eminence
Cheikh Hamoud Abdel Hamid Al Hattar, Ministre des Waqfs et de l'orientation de la République du Yémen, a pris la parole au nom des délégations participantes.
La Conférence a décidé de considérer le discours
du Président Mohammad Hosni MOUBARAK, Président de la République arabe d'Egypte, comme document d'une importance significative pour la Conférence et dont les directives qu'il renferme serviront d'orientation pour ses travaux.
La Conférence a tenu ses séances tout le long des
quatre jours au cours desquels les recherches soumises par les participants ont
fait l'objet de discussions. Le nombre de ces recherches s'est élevé à 95 et
ont été présentées en langues arabe, anglaise et française.
Les débats se sont déroulés autour des principaux axes suivants :
Premier
Axe: le fondement de la foi
1-
Rôle de la foi dans la réalisation de
la paix sociale.
2-
La foi, la raison et le comportement.
3-
Les valeurs et leur rôle dans la
sécurité sociale.
4-
Le pluralisme religieux, doctrinal et
nationalisme.
Deuxième
Axe: la justice sociale
1-Définition de la justice (distributive, compensatrice et sociale)
2- Le Waqf et son rôle dans la réalisation de la sécurité sociale.
3- La Zaqat: différents genres, leur rôle dans la réalisation de la
sécurité sociale
4- Solidarité sociale.
Troisième
Axe: les droits sociaux
1-
Le droit au travail
2-
Le droit à la santé
3-
Le droit à l'enseignement
4-
Le droit à un domicile
5-
Le droit à un niveau de vie
convenable
Quatrième
Axe: le rôle des institutions dans la réalisation de la sécurité sociale
1-
La mosquée et la famille
2-
L'école et l'université
3-
Les médias et la culture
4-
Les organisations non-gouvernementales
En
marge des séances de la Conférence, des séminaires se sont également déroulés durant
trois journées de travail et auxquels ont participé les Ambassadeurs des pays
occidentaux accrédités au Caire, ainsi qu'une élite d'ulémas et de penseurs Musulmans
et non Musulmans, égyptiens et étrangers. Les thèmes suivants ont fait l'objet
de discussions:
Premier
jour (dimanche 16 mars 2008): Le dialogue entre les religions et la coopération
entre les cultures
Deuxième
jour (lundi 17 mars 2008): Les moyens d'établir des liens de confiance
entre l'Islam et l'Occident
Troisième
jour (mardi 18 mars 2008): Le mécanisme de coopération et les entraves entre
l'Islam et l'Occident
La Conférence a formé un Comité de rédaction, présidé par Monsieur le Dr. Jaafar Abdul Salam,
avec la participation des représentants des délégations participantes en vue de
rédiger un projet de recommandations basé sur les recherches soumises et ainsi
que sur les résultats des débats et des interventions auxquels avaient pris
part les hauts responsables, les ulémas et les penseurs parmi les membres de
délégations des pays participants.
Au terme de ces travaux, le Comité de rédaction a élaboré
le projet de recommandations ci-après:
1.
La religion est la source de la
sécurité et de la sûreté, et la vraie piété représente le moyen de réaliser la sécurité
de la société et la crainte d'Allah constitue le meilleur régulateur du
comportement de l'homme. C'est pourquoi la Conférence exhorte l'ensemble des institutions de la société à revitaliser le pouvoir de la
religion dans les esprits des individus et des communautés par le biais de la
sensibilisation religieuse éclairée.
2.
Le but suprême de la religion
musulmane est la réalisation du bonheur de l'homme dans ce monde et dans
l'au-delà ainsi que la propagation de la sécurité et de la paix de par la
société. A cet égard, la Conférence recommande de ne point utiliser la religion
à d'autres fins que celle qu'elle préconise, à savoir pour des caprices
individuels ou bien l'acquisition des biens matériels.
3.
Les messages divins renferment tous des
valeurs et des principes communs susceptibles, de propager l'esprit de la
sécurité, de la paix, de l'égalité et le respect d'autrui au sein de la
société. La Conférence recommande à cette fin de réactiver le rôle que peuvent
assumer les valeurs communes et de les disséminer de manière pratique dans les
sociétés islamiques.
4.
La différence entre les humains
représente une sunnah divine destinée à la connaissance mutuelle, l'interaction
entre les cultures et l'échange d'expertise et ce, pour le bien de l'humanité
tout entière. Ainsi la Conférence recommande de réactiver toutes les formes de
coopération et d'échange d'intérêts entre tous les hommes, de manière à être
bénéfiques pour tous. Il faudrait également ne point utiliser les différences
comme prétexte pour les conflits ou comme moyens d'agression et ce conformément
à ce qui dit Allah dans son Livre Sacré:
"Ô
Vous les hommes! Nous vous avons créé d'un mâle et d'une famille. Nous vous
avons constitué en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre
vous" (Les Chambres – 13)
5.
Le fondement de la sécurité de la
société repose, en tous lieux et en tous temps, sur la réalisation de la
justice en matière de distribution, de compensation outre la justice sociale. La Conférence insiste à cet égard sur l'importance d'œuvrer en vue de réaliser la justice en
vertu de ce concept et ce, à travers l'ensemble du monde islamique, en
appliquant ce qui suit:
a)
la distribution équitable des
richesses disponibles entre les individus au sein de la société
b)
la réalisation de l'égalité en
matière de transactions
c)
l'exploitation saine des ressources
humaines et naturelles tout en assurant l'échange d'expertise susceptible de
permettre l'échange optimal de ces ressources
6.
L'Islam a élaboré une série de normes
destinées à la réalisation de la justice sous toutes ses formes, et à la
sécurité sociale, à savoir entre autres les Waqfs, la Zakat, la Hisba. Il est cependant regrettable que ces normes se sont affaiblies dans bon nombre de
sociétés islamiques provoquant ainsi de graves préjudices à ces dernières. La Conférence exhorte ainsi les dirigeants et les peuples des Etats islamiques à œuvrer par tous
les moyens en vue de faire renaître ces normes et de diffuser le plus largement
possible la culture incitant à leur usage parmi les hommes et d'élaborer les
législations adéquates pour revitaliser son rôle dans la vie des Musulmans.
7.
Le moyen de réaliser la sécurité
sociale au sein des sociétés islamiques est l'adoption d'un système de
solidarité sociale en sus de la Zakat. Ce système permet d'allouer une partie
de l'argent des nantis à l'intention des démunis. La Conférence exhorte à cet égard les responsables du monde islamique d'élaborer des
législations qui aident et encouragent les efforts déployés par les gens de
bien, les institutions, les banques et les sociétés en matière de projets
d'intérêt public.
8.
Les pays islamiques jouissent de
richesses illimitées tant humaines que naturelles, néanmoins ils souffrent en
même temps d'un problème alimentaire. La Conférence insiste à cet égard sur la nécessité de rechercher la mise en application d'une véritable coopération agricole
entre les pays jouissant d'un surplus matériel, et ceux possédant une expertise
technique et des ressources humaines en vue de l'exploitation des vastes
étendues de terres arables dans les pays arabes et islamiques et ce, tout en
tirant profit des moyens de production modernes et développés.
9.
La Conférence souligne
la nécessité pour le monde islamique d'investir le surplus de capitaux au sein
des pays islamiques tout en diversifiant les domaines d'investissement en vue
de résoudre les problèmes pressants qui se posent aux sociétés islamiques.
10.
L'éducation représente l'un des
piliers importants en faveur de la formation de l'identité des sociétés. En
fait, si l'enseignement est adéquat et, de plus s'il est fondé sur des bases
saines, il serait à même de contribuer à la stabilité et à la sécurité de la
société. La Conférence exhorte à cette fin les pays islamiques à déployer un
effort soutenu en vue de prodiguer un enseignement adéquat aux Musulmans leur
permettant de constituer un moyen déterminant en faveur de l'édification de
leur société.
11.
La présence de la sécurité sociale
dans tous les pays exige l'existence d'un système éducatif développé répondant
aux besoins existants et compatible avec les demandes du marché du travail
ainsi que les mutations qui y interviennent. A cette fin, la Conférence recommande aux Etats islamiques d'établir une coopération mutuelle visant à
élaborer un système éducatif nouveau répondant à ces objectifs, et qui soit à
même de permettre à la Oummah de se mettre au diapason de l'avancée
scientifique et technologique prédominant de par le monde. Néanmoins, ce
système ne devrait point se dissocier de l'authentique patrimoine de la Oummah ainsi que des sources de sa culture.
12.
La Conférence
lance un appel aux responsables du processus éducatif dans l'ensemble des pays
du monde islamique, en vue d'élaborer des curricula scolaires appropriés
destinés à la formation de l'étudiant prometteur et de l'enseignant marquant
tout en tenant dûment compte de la découverte et de la protection des
compétences particulières en leur offrant le climat approprié en vue d'imprimer
l'impulsion nécessaire aux sociétés islamiques leur permettant d'avancer sur la
voie de la renaissance et du progrès.
Ces curricula scolaires doivent émerger de soi et être basés sur les
exigences du développement de ces derniers ainsi que des systèmes scolaires en
dehors de tout dictant extérieur. La Conférence exhorte les pays islamiques à mettre fin à l'analphabétisme qui sévit toujours dans plusieurs pays.
13.
L'Islam a développé une série de
droits sociaux à l'intention de l'individu lui garantissant la sécurité et la
stabilité, avec en tout premier lieu, le droit à l'éducation et au travail
ainsi que celui de minimum de subsistance répondant à ses besoins. L'Islam a
été en fait à l'avant-garde de ce qu'a énoncé le document des Droits de l'Homme
des Nations Unies. Partant de ce fait, la Conférence demande aux responsables des pays islamiques de mettre en application les droits précités et estime que leur
réalisation est étroitement lié à la coopération entre les pays islamiques.
Elle demande ainsi à cet égard aux pays islamiques de réaliser ce qui suit:
a)
la garantie du droit au travail pour
tout Musulman en adoptant les mesures appropriées pour cela;
b)
la mise en garde contre le recours au
personnel étranger dans les pays islamiques, tant aux niveaux éducatif que
religieux, économique et sécuritaire;
c)
la demande aux pays islamiques
surpeuplés de procéder à la réhabilitation de ses citoyens conformément aux
exigences des conditions de travail tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des
pays islamiques;
d)
l'appel aux pays islamiques pour
garantir le droit des individus à un environnement sanitaire convenable ainsi
que l'existence d'un système de santé préventive et de soins médicaux à
l'intention de tout malade tout en coopérant entre eux en matière de production
des médicaments de manière à limiter leur importation et de faire face au
phénomène de hausse de leurs prix.
14.
La Conférence
exhorte l'Organisation de la Conférence islamique de créer, dans les meilleurs délais, une chaîne satellitaire diffusant ses programmes à tous les coins du
monde et ce, en diverses langues en vue de faire connaître l'Islam, d'expliquer
ses vérités et également de rectifier les concepts erronés à son égard tout en
éliminant les ambiguïtés engendrées par le chaos des fatwas diffusées par les
chaînes satellitaires.
15.
La Conférence
condamne les médias préjudiciables aux dogmes et aux religieux, ainsi que
l'ensemble de leurs symboles et signes et notamment les médias qui présentent
les caricatures calomnieuses du Prophète de l'Islam (PSL) sous prétexte de la
liberté d'expression. Par ailleurs, la Conférence se félicite des efforts déployés par l'Egypte ainsi que par les pays islamiques en vue de l'adoption d'une
résolution onusienne exigeant le respect des religions et de leurs symboles
sacrés ainsi que l'incrimination des offenses à leur encontre et le mépris
envers eux, sous la couverture de la liberté d'expression.
16.
La nécessité de développer une
politique médiatique unifiée en faveur du monde islamique visant à faire
connaître l'Islam, à le propager et à mettre en exergue sa tolérance et ce,
dans les langues vivantes à l'intention de tous les Etats du monde.
17.
La Conférence
lance un appel à tous les Musulmans de par le monde en vue de réactiver le
message de la mosquée au sein de la société en le considérant comme point de
référence pour les Musulmans en matière de questions religieux et notamment:
·
Confirmer le rôle éducatif et
culturel des mosquées et la désignation des Imams et des Du'ats selon des
normes susceptibles de faire découvrir les meilleurs éléments aptes à assumer
ce rôle déterminant;
·
Confirmer en outre le rôle social de
la mosquée à travers sa protection des démunis et des malades et également de
résoudre les problèmes familiaux tout en procurant la protection sociale et le
resserrement des relations entre les Musulmans;
·
S'assurer que les mosquées sont à
l'abri de la profanation ou de leur exploitation à des fins autres que le culte
et les services octroyés à la société.
18.
Empêcher l'usage des lieux de culte à
des buts autres que ceux prévus et également de s'assurer que la haine ne sévit
point entre les membres de la société au sein de ces institutions. Il convient
également de ne point les utiliser comme vecteur de conflit, de dissension et
de choc doctrinal afin qu'ils ne devient point de leur message initial
conformément à la Parole d'Allah qui dit: "Les Mosquées appartiennent à Dieu n'invoquez
donc personne à côté de Dieu". (Les Djinns:18)
19.
La Conférence
réaffirme le rôle de la famille en ce qui concerne l'existence de la sécurité
sociale comme étant la cellule essentielle de la société islamique. Il convient
donc de la protéger des tempêtes à laquelle elle se trouve confrontée à l'heure
actuelle. La Conférence exhorte ainsi les dirigeants et les peuples du monde
islamique à prêter assistance à la jeunesse musulmane de manière à leur
permettre de former la famille saine basée sur les préceptes de la religion et
des valeurs morales rationnelles.
20.
La Conférence
rejette toutes les alternatives de substitution au système de la famille
musulmane tels adoptées par certains systèmes non islamiques, comme le mariage homosexuel
et la liberté sexuelle, qui menacent la société du démenbrement et
d'effondrement.
21.
La nécessité de réactiver les
associations et les institutions de la société civile en vue de leur permettre
de contribuer à la solution des problèmes liés à la pauvreté et au chômage et
ce, à tous les niveaux et dans tous les domaines, tout en assurant l'existence
de moyens et des fonds suffisants et nécessaires permettant à ces entités
d'assumer ce rôle.
Recommandations Générales
1.
La Conférence réitère
sa précédente vive condamnation des actes de destruction et de changement de la
part d'Israël au sein de la mosquée d'Al-Aqsa, provoquant la modification de sa
configuration et le contrôle de sa partie inférieure par Israël. La Conférence confirme que ces actes représentent une violation de la légitimité internationale,
et demande aux différentes organisations et institutions internationales, et en
premier lieu le Conseil de Sécurité, l'Assemblée générale de l'ONU et l'UNESCO
de faire face à ces crimes et d'y mettre immédiatement un terme.
2.
Vu la grande souffrance du peuple
palestinien depuis soixante années par suite de l'occupation sioniste de ses
territoires, la conférence exige du monde libre et des organisations
internationales d'œuvrer en vue de mettre fin à cette occupation injuste,
d'octroyer au peuple palestinien le droit à l'autodétermination et à
l'établissement de son Etat indépendant sur son sol avec pour capitale Al-Qods
Al-Sharif, et la levée du blocus économique injuste imposé au peuple
palestinien, en plus du blocus matériel généré par les pratiques israéliennes
en construisant le Mur de Séparation.
3.
La Conférence
exhorte toutes les factions palestiniennes à mettre un terme au différend, et à
mettre fin au conflit ainsi que la solution des problèmes en suspens, qui les
opposent, d'une manière civilisatrice afin d'éviter l'effusion de sang du
peuple palestinien, d'unifier ses rangs, et de préserver sa force en vue de
faire face à l'agression sioniste contre les territoires palestiniens.
4.
La Conférence
incite la communauté internationale à prêter assistance au peuple irakien en
vue de mettre fin à l'occupation oppressante de son territoire, de renoncer aux
dissensions et aux hostilités interethniques dans le but de sauver l'Irak et de
réaliser ses espoirs quant à l'unité et au progrès.
5.
La Conférence
exhorte le peuple libanais, avec toutes ses confessions, à achever l'instauration
de ses institutions constitutionnelles hors de toute ingérence extérieure et à
préserver son unité et à son intégrité territoriale.
6.
La Conférence confirme une fois de plus sur le droit de tous les Etats à acquérir
l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, et invite à la non production des
armes nucléaires n'importe où dans le monde. La Conférence exhorte l'ONU et l'AIEA à répondre à l'appel de l'Egypte et du monde arabe et
islamique destiné à faire de la région du Moyen Orient une région exempte
d'armes nucléaires et d'armes de destruction massive.
Recommandations des Séminaires
tenus en marge de la Conférence
1.
Développer et favoriser le dialogue
entre les religions au niveau des institutions de la société civile et des
organisations locales, régionales et internationales concernées. Il convient
également de promouvoir la coopération en matière de dialogue entre les
religions et les cultures au niveau populaire.
2.
La nécessité de la coordination et de
la coopération entre les institutions chargées du dialogue, et ce, à travers le
monde.
3.
Introduire de nouveaux mécanismes
favorables à la mise en œuvre des recommandations adoptées par les conférences
islamiques et les comités de dialogue.
4.
En vue de l'exploitation de certains
médias internationaux vis-à-vis de certains actes provocateurs et la nécessité
d'y mettre un terme, nous recommandons aux institutions chargés du dialogue de
convoquer des tables rondes conjointes composées d'experts médiatiques tant
occidentaux que Musulmans connus pour leur impartialité, dignes de confiance et
crédibles de par le monde, et ce, en vue de rechercher les voies et moyens
permettant de concilier entre la liberté d'expression et d'opinion et le droit
d'autrui au respect de leurs valeurs et de leurs symboles religieux.
5.
Il convient impérativement de
respecter les identités religieuses, les particularités culturelles, les
valeurs humaines communes et les lieux saints et les symboles religieux de toutes
les parties concernées sur un même pied d'égalité.
6.
Respecter les droits des minorités et
éviter la politisation du dialogue et l'usage du confessionnalisme et des
minorités religieuses à des fins politiques.